Lonely Surfer Squaw
Description de l’exposition
Par un jour d’hiver gris, en 1997, Lori Blondeau pose fièrement sur la berge de la rivière Saskatchewan Sud, vêtue d’un bikini en fausse fourrure brun-roux et de hautes mukluks, une planche de surf en styromousse rose à la main. Elle adopte une attitude à la fois espiègle et défiante, ancrée dans le moment présent tout en faisant écho aux différentes histoires de femmes représentées dans la nature.
Lonely Surfer Squaw (La surfeuse squaw solitaire) est une série photographique réalisée près des « Starlight Tours ». Cette expression désigne une pratique policière en vigueur à Saskatoon où des personnes autochtones étaient abandonnées hors des limites de la ville, en plein hiver, par des températures glaciales. Cette pratique a entraîné la mort de Neil Stonechild, Rodney Naistus et Lawrence Wegner.
Blondeau choisit ce lieu lourd de sens pour mettre en scène et détourner une image de pin-up des années 1960, qu’elle déplace des plages californiennes ensoleillées et insouciantes vers les rives glacées et le froid mordant de son pays d’hiver. Elle inscrit ainsi son corps à la croisée de la violence infligée aux peuples autochtones et de la sexualisation des femmes, tout en irradiant une présence magnétique, vibrante de vitalité.
Asinîy Iskwew
Description de l’exposition
Dans Asinîy Iskwew, qui signifie « Femme-rocher » en cri, Blondeau se met de nouveau en scène dans des paysages naturels, adoptant des poses sculpturales qui interrogent les conventions commémoratives de ce qu’on appelle le Canada.
Vêtue d’une longue robe de velours rouge et se tenant droite sur des socles de pierre naturelle autour du site de Mistaseni, à Elbow Harbour, elle évoque la destruction, en 1966, d’immenses blocs glaciaires sacrés dynamités par le gouvernement de la Saskatchewan pour permettre la construction du lac artificiel Diefenbaker.
À la différence de Lonely Surfer Squaw, où Blondeau fixe l’objectif, elle tourne ici le regard vers un horizon lointain.
Par ces interventions performatives en lien avec la terre, la roche, l’eau et la neige, l’artiste fait de son corps un phare vivant, invitant l’histoire à ressurgir et la transformation à advenir.
Elle inscrit ainsi au cœur des Prairies canadiennes des chorégraphies et une iconographie durables, appelées à être réinvesties par les générations futures.