itihtin
« C’est ainsi que ça coule. »
Une présence linguistique crie dans le paysage urbain.
Description de l’exposition
itihtin. « C’est ainsi que ça coule. » Figé comme dans la glace, ce mot nêhiyawêwin (cri) prend une forme presque abstraite; il faut un effort de rencontre pour appréhender une langue qu’on ne connaît pas.
Pour Joi T. Arcand, l’utilisation de syllabiques participe à son cheminement personnel de réapprentissage de sa langue, encore bien vivante. Bien que placée sur un territoire non cri, l’installation évoque des enjeux qui dépassent les limites d’une seule nation. Les efforts d’enterrement des cultures autochtones ont été répétés à travers les siècles par les forces coloniales, au Canada et ailleurs. Si le combat pour la langue française est particulièrement féroce dans la province de Québec, on remarque toujours l’absence de langues autochtones dans l’espace public. Et pourtant, l’artiste rappelle ici que, malgré leur invisibilisation, celles-ci étaient présentes bien avant l’anglais et le français. Et elles le sont toujours. Dans sa forme évoquant la glace, l’œuvre témoigne de ce qui a été conservé à travers le froid.