Description de l’exposition
« [J’]ai vraiment le souvenir très vif d’avoir entendu mes pas sur la neige, alors qu’il faisait très, très sombre, puis d’avoir vu les aurores boréales », se rappelle Carola Grahan dans une entrevue pour le Centre canadien d’architecture. Dans sa sculpture, le public est invité à éprouver un sentiment similaire d’émerveillement, alors qu’elle recrée cette expérience au moyen d’un rideau coloré et translucide qui ondule dans l’espace. Grahn ouvre ainsi à une rencontre avec les paysages hivernaux à travers une vision du monde sámie, imprégnée de neige, de glace et d’eau. Les anneaux de laiton qui prolongent l’œuvre renforcent ce lien, constituant une extension du gátki, un vêtement traditionnel sámi intimement lié aux différents mythes et récits transmis de génération en génération.
Au-delà de sa beauté contemplative, Offernat incarne une critique de l’idéalisation et de la fascination occidentales par rapport à la nature du Nord et aux cultures autochtones. L’ironie et la critique institutionnelle occupent également une place importante, comme l’illustre ici la marchandisation littérale d’un phénomène naturel éphémère et quasi spirituel, transformé en ready-made à consommer. La tension entre la magie du ciel dansant et sa capacité à être observée par le plus grand nombre crée une ambiguïté qui traduit la manière dont l’hiver a été mis en marché au Québec.