Description de l’exposition
La relation du corps à un lieu géographique marqué par la glace passe largement par la nourriture. Pour la trouver, il faut sillonner le territoire, suer, sentir le froid sur sa peau. Pour les Inuit plus spécifiquement – comme Couzyn van Heuvelen, originaire d’Iqaluit –, la culture s’entrelace intimement à tous ces mouvements, qui incarnent alors une tradition.
Bouleversant les idées préconçues sur l’art Inuit, l’artiste délaisse les miniatures pour créer des objets amplifiés. Un avataq est un flotteur, traditionnellement conçu à partir de peau de phoque, attaché au harpon lors de la chasse. Dans son œuvre du même nom, la fourrure est remplacée par une imitation en mylar, tandis que l’objet est agrandi. En parallèle, les Nitsiit – des versions géantes et colorées d’hameçons – explorent aussi ce rapport à l’échelle. Ensemble, ces deux séries invitent à une méditation sur les pratiques traditionnelles de chasse, les relations avec les animaux et les ressources alimentaires. Dans les communautés du Nord, l’accès à la nourriture représente aujourd’hui un enjeu économique, social et culturel majeur. L’installation rappelle l’importance de protéger les écosystèmes pour que se poursuivent les pratiques de chasse et de pêche intimement liées à l’autonomie alimentaire.