Écouter la glace et l’eau du fleuve plutôt que seulement regarder le paysage.
Description de l’exposition
Si le fleuve Saint-Laurent est souvent apprécié pour la vue qu’il offre, son expérience passe par un ensemble de sens. À l’emplacement de l’œuvre de Tania Candiani, on aurait à une époque pu repérer des jumelles servant à admirer le paysage. Or, l’artiste souhaitait plutôt ramener l’implication du corps en se détachant de la vue, et de son intellectualisation. Dans cette œuvre, elle nous invite à expérimenter l’hiver en écoutant la glace et l’eau mouvante.
Le mécanisme employé s’inspire de la technologie des miroirs acoustiques, employés au cours des deux guerres mondiales pour déterminer l’emplacement des avions et des sous-marins, notamment. L’œuvre détourne ainsi un procédé militaire pour lui donner une fonction de contemplation. Nous invitant à « nous connecter à notre oreille géante », elle nous rappelle qu’au-delà de la violence et avant le combat pour agrandir ses frontières, il y a le territoire, il y a l’eau – et ici la glace.